Nouveaux heurts au Yémen: 21 blessés dont 10 policiers
SANAA - Au moins 21 personnes ont été blessées, dont dix policiers, dans de nouveaux heurts lundi entre des milliers de manifestants et les forces de sécurité dans le sud du Yémen, selon des témoins et habitants.
Les forces de sécurité sont intervenues pour disperser des manifestations lundi dans les provinces de Dhaleh et de Lahj qui connaissent depuis plusieurs jours, comme d'autres régions du sud du pays, des troubles, faisant des blessés parmi les protestataires, ont indiqué les mêmes sources.
Six policiers ont été blessés à Dhaleh où ils étaient intervenus pour disperser deux manifestations, et quatre l'ont été à Habilayn, une ville de la province de Lahj, a-t-on ajouté.
A Habilayn, des manifestants ont lancé une grenade contre des policiers, déployés autour d'une tribune utilisée par les animateurs du mouvement de protestation et dont les forces de sécurité ont pris le contrôle, ont indiqué des témoins.
Quelque 150 personnes, dont des membres de l'opposition, ont été arrêtées depuis le début des manifestations dans les provinces de Dhaleh, Aden, Lahj, Hadramout et Taëz, selon des estimations de l'opposition
Une délégation de haut rang a été dépêchée lundi à Lahj par le chef de l'Etat, Ali Abdallah Saleh, pour tenter de contenir la tension dans la région et "aider les autorités locales à rétablir la sécurité" dans le sud du pays, a indiqué par téléphone à l'AFP un responsable local.
Le ministère de l'Intérieur a demandé au Parlement, réuni lundi à huis-clos, de lever l'immunité parlementaire du député socialiste Salah Al-Chanfara afin de pouvoir l'arrêter et le poursuivre en justice pour "son implication dans les émeutes de Dhaleh", selon 26September.net, le journal en ligne du ministère de la défense.
M. Chanfara est actuellement "en fuite", ajoute le journal en citant une source de sécurité, l'accusant d'avoir appelé à "une révolution armée", "incité à la sédition", "nui à l'unité nationale" et "menacé d'opérations suicide" contre les forces gouvernementales.
Des manifestations, parfois violentes, accompagnées d'arrestations se déroulent depuis plus d'une semaine dans ce pays pauvre de la péninsule arabique où des habitants du sud accusent l'armée de refuser d'enroler des volontaires ayant répondu à une campagne de recrutement.
Un responsable de Dhaleh a révélé dimanche que 42 personnes interpellées pour leur implication présumée dans des heurts avec les forces gouvernementales dans la province de Dhaleh avaient été déférées devant parquet et la justice militaire, alors que 32 autres avaient été relâchées.
Les Yéménites du sud se disent souvent victimes de discrimination depuis une tentative de sécession menée en 1994 par le Parti socialiste yéménite (PSY, basé au Sud) qui avait conduit à une guerre civile de deux mois remportée par les forces loyales au président Ali Abdallah Saleh, à la tête du Yémen réunifié en 1990.
Plusieurs manifestations avaient eu lieu ces derniers mois dans le sud du Yémen à l'initiative de retraités sudistes réclamant une aide pour plus de 60.000 personnes, dont des militaires, qui disent avoir été forcées à prendre une retraite anticipée.
D'autres manifestations avaient été organisées pour dénoncer la hausse des prix au Yémen, l'un des pays les plus pauvres du monde, et demander de meilleurs services publics.
(©AFP / 07 avril 2008 18h03)